Diego Guglieri Don Vito : Miami-Fauve

Miami-Fauve, Diego Guglieri Don Vito

Diego Guglieri Don Vito

Miami-Fauve est un univers que Diego Guglieri Don Vito explore par le biais de correspondances : entretenues avec différents chercheurs, curateurs, artistes, critiques, penseurs, etc. ces échanges de mails sont autant d’invitations à pénétrer l’univers de Miami-Fauve, il en découle œuvres, collaborations, expositions, etc.

Plus qu’un univers, il s’agit d’une collision : Miami-Fauve est une collision entre l’Estaque ; précisément le port de l’Estaque peint par George Braque en 1906 et l’imaginaire fantasque d’un Miami des années 1980 :  glamour, luxueux, coloré, plein de cocaïne et de néons. L’une de ses spécificités réside dans l’espace qu’elle occupe, celui-ci se déploie en quatre dimensions : aux trois connues de notre univers (hauteur, largeur, profondeur), s’ajoute une dimension supplémentaire qui est la couleur.

Correspondance avec Julie Digard, Aurélie Cavanna :

« Cela a réellement bouleversé ma manière de travailler ; tu comprendras, j’en suis sûr : je ne pouvais garder pour moi l’expérience d’une telle intensité. J’aurais aimé que l’on puisse se déplacer jusqu’en Miami-Fauve, que l’on puisse y partir comme on partirait en voyage. D’une certaine manière ça aurait été plus simple. Mais cela ne fonctionne pas de la sorte. Malgré son intensité, cette collision est fragile : il faut l’approcher avec prudence et délicatesse, au risque de faire voler en éclat l’instant qui nous y conduit. »

Diego Guglieri Don Vito, correspondance (extrait) avec Julie Digard, Le 28 fév. 2018

« Si j’ai bien saisi, Miami-Fauve est avant tout une construction mentale, un « lieu » imaginé en croisant deux univers (au sens large) qui ont donné naissance à une nouvelle entité à laquelle il est impossible d’avoir entièrement accès. Ce que j’ai trouvé très juste dans ton travail, c’est justement l’introduction de correspondances avec différentes personnes afin de t’approcher, de plus en plus, de cette entité qui échappe en partie à notre perception. Comment lui donner corps autrement, si ce n’est en y ajouter ces « strates » qui petit à petit vont te permettre de rendre davantage palpable et appréhendable Miami-Fauve. Comment même Miami-Fauve pourrait exister autrement finalement ? Dans la mesure où largeur, hauteur et profondeur ne sauraient suffire à « définir » ce à quoi nous avons affaire, cette 5e dimension apparaît ainsi indispensable.

Et si la 4e dimension, la couleur, peut faire office de passerelle « vibratoire », c’est un peu comme s’il fallait ensuite des personnes pour l’arpenter, en témoigner, et, par bribes, tenter de saisir l’insaisissable.

Selon moi, cette 5e dimension ne serait donc pas du tout un hors-champ cinématographique, mais plutôt une condition essentielle de la «réalité» de Miami-Fauve, ce qui fait aussi son intérêt : Miami-Fauve n’existe en quelque sorte que par les liens que les personnes choisissent de tisser avec cet univers.

Voilà, en te lisant, ce qui m’est venu à l’esprit.

En espérant que cela te sera utile,

À bientôt,

Aurélie »

Aurélie Cavanna, correspondance (extrait) avec Diego Guglieri Don Vito, Le 22 oct. 2017

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