Diego Guglieri Don Vito : Miami-Fauve

Miami-Fauve, Diego Guglieri Don Vito

Diego Guglieri Don Vito

Diego Guglieri Don Vito est né à Grenoble en 1988. Il obtient son bachelor en art à la HEAD — Genève (Suisse) en 2014, puis son master à l’ENSBA — Lyon (France) en 2016. Il découvre la collision de Miami-Fauve en 2017, qui va radicalement changer sa façon de travailler.

Diego Guglieri Don Vito vit et travaille à Lyon.

À propos de Miami Fauve

J’ai découvert, il y a un an, la collision de Miami-Fauve complètement par hasard. Pour être exact, ce jour-là ce que j’ai découvert était un simple fragment de Miami-Fauve.

Ce fragment était un objet, comportant des dimensions, une masse, une couleur, comme n’importe quel objet ; ce qui m’a fasciné c’est l’aura qui s’en dégageait. On pourrait la comparer à une vibration subtile, presque imperceptible, et pourtant bel et bien présente. Afin de comprendre vraiment, il faut, je crois, décrire davantage la nature de Miami-Fauve.

C’est une collision entre deux temps et deux lieux, deux époques et deux pensées : entre l’Estaque, précisément « le port de l’Estaque » peint par George Braque en 1906 et l’imaginaire fantasque d’un Miami des années 1980 : glamour, luxueux, coloré, plein de cocaïne et de néons. Ces deux univers (au sens large) cohabitent en Miami-Fauve. Ils se superposent, se reflètent et se complètent en même temps : cela est rendu possible par les propriétés non rationnelles de la collision. Ces propriétés, je ne les connais ni ne les comprends toutes. Je les étudie et les approfondis de jour en jour.

De ce que j’ai pu en observer, la particularité de Miami-Fauve est d’exister en quatre dimensions : en plus de celles communes à notre univers (hauteur, largeur, profondeur), l’espace au sein de la collision est défini par une quatrième dimension qui est la couleur.

Au sens où elle n’est pas un lieu à proprement parler, Miami-Fauve n’est pas entièrement accessible. Pour m’en approcher et comprendre davantage sa nature singulière, j’entretiens des correspondances dans lesquelles mes interlocuteurs éclairent certains de ses aspects par leur expérience, sensibilité, curiosité. Ces destinataires sont autant des critiques, artistes, curateurs, que des spécialistes des champs scientifique, historique, sociologique.

Éclairer les zones d’ombres de cette collision revient à la ramener un peu plus du côté de notre univers, littéralement. Chaque découverte, chaque avancée à son propos en ramène un fragment dans notre univers. La collection (à ce jour déjà conséquente) s’enrichit d’elle même : plus on cherche à l’identifier, plus elle gagne en densité.

Ces fragments je les ordonne, je les manipule comme on agence des phrases. Ils sont des mots dont le langage est la couleur, construisant un récit indiciel de la collision de Miami-Fauve.

Correspondance

Extrait de correspondance avec Aurélie Cavanna, (reçu le 22 oct. 2017) :

« Si j’ai bien saisi, Miami-Fauve est avant tout une construction mentale, un « lieu » imaginé en croisant deux univers (au sens large) qui ont donné naissance à une nouvelle entité à laquelle il est impossible d’avoir entièrement accès. Ce que j’ai trouvé très juste dans ton travail, c’est justement l’introduction de correspondances avec différentes personnes afin de t’approcher, de plus en plus, de cette entité qui échappe en partie à notre perception. Comment lui donner corps autrement, si ce n’est en y ajouter ces « strates » qui petit à petit vont te permettre de rendre davantage palpable et appréhendable Miami-Fauve. Comment même Miami-Fauve pourrait exister autrement finalement ? Dans la mesure où largeur, hauteur et profondeur ne sauraient suffire à « définir » ce à quoi nous avons affaire, cette 5e dimension apparaît ainsi indispensable.

Et si la 4e dimension, la couleur, peut faire office de passerelle « vibratoire », c’est un peu comme s’il fallait ensuite des personnes pour l’arpenter, en témoigner, et, par bribes, tenter de saisir l’insaisissable.

Selon moi, cette 5e dimension serait une condition essentielle de la «réalité» de Miami-Fauve, ce qui fait aussi son intérêt : Miami-Fauve n’existe en quelque sorte que par les liens que les personnes choisissent de tisser avec cet univers. »

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