La Collision de Miami-Fauve

Lettre de Diego Guglieri Don Vito

J’ai découvert complètement par hasard, en septembre 2017, la collision de Miami-Fauve. Pour être exact, ce jour-là, ce que j’ai découvert était un simple fragment de Miami-Fauve

Ce fragment était un objet, comportant des dimensions, une masse, une couleur, comme n’importe quel objet ; l’aura qui s’en dégageait m’a fasciné. On pourrait la comparer à une vibration subtile, presque imperceptible, et pourtant bel et bien présente. Afin de comprendre vraiment, il me faut, je crois, décrire davantage la nature de Miami-Fauve.

C’est une collision entre deux temps et deux lieux, deux époques et deux pensées : entre l’Estaque, précisément « le port de l’Estaque » peint par George Braque en 1906 et l’imaginaire fantasque d’un Miami des années 1980 : glamour, luxueux, coloré, plein de cocaïne et de néons. Ces deux univers (au sens large) cohabitent en Miami-Fauve. Ils se superposent, se reflètent et se complètent en même temps : cela est rendu possible par les propriétés non rationnelles de la collision. Ces propriétés, je ne les connais ni ne les comprends toutes. Je les étudie et les approfondis de jour en jour.

De ce que j’ai pu en observer, la particularité de Miami-Fauve est d’exister en quatre dimensions : en plus de celles communes à notre univers (hauteur, largeur, profondeur), l’espace au sein de la collision est défini par une quatrième dimension qui est la couleur.

Au sens où elle n’est pas un lieu à proprement parler, Miami-Fauve n’est pas entièrement accessible. Pour m’en approcher et comprendre davantage sa nature singulière, j’entretiens des correspondances dans lesquelles mes interlocuteurs éclairent certains de ses aspects par leur expérience, sensibilité, curiosité. Ces destinataires sont autant des critiques, artistes, curateurs, que des spécialistes des champs scientifique, historique, sociologique.

Éclairer les zones d’ombres de cette collision revient à la ramener un peu plus du côté de notre univers… Littéralement. Chaque découverte, chaque avancée à son propos en ramène un fragment dans notre univers. La collection (à ce jour déjà conséquente) s’enrichit d’elle même : plus on cherche à l’identifier, plus elle gagne en densité.

Ces fragments je les ordonne, je les manipule comme on agence des phrases. Ils sont des mots dont le langage est la couleur, construisant un récit indiciel de la collision de Miami-Fauve.

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